Corsair Leader, retour d’expérience

J’ai acheté l’an dernier un jeu d’occasion édité par Dan Verssen Games (DVG). Cet éditeur est spécialisé dans les wargames / jeux de simulation historiques qui se jouent en solitaire avec le même système éprouvé et décliné.

Ayant toujours eu un intérêt certain pour la guerre du Pacifique, ce jeu dédié aux combats de l’aéronavale (Marines et Navy) a titillé ma nostalgia des samedi après-midi de quand j’étais gamin à regarder les Têtes Brûlées de Pappy Boyington/Robert Conrad puis au montage de Corsairs et Zeros en legos ou maquettes Heller/Matchbox 😀

Pappy Boyington !!

L’aspect simulation tactique de ce jeu m’a attiré et j’ai donc enfin testé ce jeu pendant ma semaine de congés. Mon gros souci est la lecture et l’apprentissage de règles (ce n’est pas propre à ce jeu dont les règles n’ont rien de compliqué). En vieillissant je suis devenu assez réfractaire et flemmard et c’est vite une tannée pour moi d’apprendre un nouveau jeu. Heureusement, il y a pas mal de passionnés qui font des vidéos youtube et la conjugaison de quelques vidéos (celles de M VOPTIS en français et de Jeff, en anglais, qui a fait toute une série de parties en temps réel) m’a permis au bout de 2 visionnages d’appréhender les règles avant de jouer. Le jeu n’est pas compliqué, mais comme souvent, le diable est dans les détails…

En tout cas, belle boîte de jeux, nombreux pions, belles cartes de pilotes, bref c’est du beau matos. Le souci c’est qu’une fois tout ça déballé, ça ne rentre plus dans la boite (en tout cas si on veut facilement accéder aux composants du jeu pour une mise en place rapide). Il est donc conseillé d’acheter un classeur à cartes de type Magic pour ranger les cartes de ses pilotes et les consulter par appareil.

En ce qui concerne le jeu, j’ai fait quelques parties (5 au total) en jouant la campagne d’initiation de Luzon, version courte (3 jours de missions, qui représentent 1 à 2 missions par jour selon les cartes tirées).

Fiche de campagne d’initiation.

Dans ce format de campagne courte, on dispose de 8 pilotes  d’expériences variées (newbie, bleu, moyen, aguerri). La grosse difficulté avant de commencer à jouer est de choisir parmi les 4 types d’appareil disponibles (Corsair, Dauntless, Avenger et Mitchell) pour la campagne puis de choisir parmi les pilotes correspondant. C’est un aspect crucial du jeu car chaque pilote est assigné à un type d’appareil et est disponible en plusieurs versions selon son expérience. En effet, en mode campagne, le but est de faire progresser son pilote en expérience. Evidemment chaque pilote dispose de forces et faiblesses, certains étant forts en dogfight, d’autres étant meilleurs en bombardement. Idem, le type d’appareil définit ses actions : le Corsair est polyvalent mais le Mitchell ou le Dauntless sont des bombardiers.

Une fois les pilotes et appareils choisis (8 au total pour une campagne courte), on dispose de points d’opérations pour acheter de l’expérience et monter un pilote, des armes (napalm, rockets…) ou des talents personnels qui octroient des bonus ou des avantages.

Choix des pilotes et armements pour la mission : 3 appareils seront bombardiers et 2 Corsairs en escorte.

La partie est assez simple : une fois (difficilement) sélectionné ses pilotes on tire deux cartes de mission et on en choisit une. Dans quelques cas, certaines missions sont secondaires et peuvent être jouées également avec les pilotes restants non engagés. On partage ainsi son escadrille en deux pour tenter d’obtenir plus de points de victoire, mais au risque de stresser son équipage. On joue ainsi une journée de mission et la cible détermine le nombre max de pilotes à engager. Chaque cible est déterminée selon sa défense au sol, aérienne, le nombre de touches nécessaires pour la détruire et les points de victoire. On choisit donc ses pilotes et appareils en fonction de la cible, puis on les équipe avec ce qu’il faut (bombes, napalm etc), sachant que si un avion est équipé, il ne pourra combattre des zéros (Ata : Air to Air), on doit donc construire une escadre avec des « bombardiers »(AtG : Air to Ground) et leur escorte de chasseurs. La partie se déroule ensuite en 5 tours, avec des cartes d’événements aléatoires et des combats. Les combats aériens sont assez aléatoires et dépendent des jets de dés. On peut choisir la manoeuvre de son appareil en fonction de ses objectifs (bonus d’attaque, position avantageuse etc) mais ça reste assez cosmétique. Les manoeuvres japonaises sont aléatoires. Les japonais touchent assez facilement mais les appareils peuvent faire une manoeuvre d’évasion (qui donne un point de stress) et encaissent 2 touches (la première est du stress, la seconde un dégat qui contraint à l’abandon) avant d’être détruits (le pilote  a une chance d’être récupéré en mer), les américains touchent plus difficilement en général sur un 8 mais détruisent les zéros à la première touche. La qualité du pilote et le choix de sa manoeuvre donnent évidemment des bonus potentiels pour réussir à faire ce 8 sur un D10…

La cible de la mission : l’est n’est pas défendu, allons-y ! Il ya deux zéros qui viendront à notre rencontre…
Mes deux chasseurs d’escorte engagent les zéros pour couvrir les 3 bombardiers

Une fois la mission accomplie, on compte les points de victoire et surtout de stress pour les pilotes. Les pilotes trop stressés deviennent moins efficaces voire inaptes et doivent rester à la base au moins une journée pour récupérer et s’enfiler une bouteille de whisky ou se faire dorloter par quelques infirmières 😀

Les pilotes ont encaissé des points de stress pendant la mission !

Ce jeu s’accompagne donc d’une gestion assez fine de son escadre, en termes d’évolution (gain d’expérience), gestion de stress (et donc repos) et équipement (bombes, napalm, roquettes, réservoir) sur la durée de la campagne. Sur une campagne courte, ça n’a rien de compliqué mais sur une campagne longue je suppose que ça peut vite devenir assez tricky et les choix effectués peuvent faire varier le degré de succès. Je trouve le jeu assez plaisant et une partie se joue assez rapidement. Une fois qu’on a intégré les différents paramètres, spécificités des pilotes et appareils, on se retrouve à faire des choix tactiques intéressants (d’autant qu’on ne sait pas toujours à quelle adversité s’attendre : faut-il plus de chasseurs ? plus de bombardiers ? Attaquer en haute altitude ou basse altitude ?).

Bien entendu, la boite de jeu est fournie avec pléthore de pilotes (une bonne dizaine d’appareils différents autres que le Corsair) et de campagnes plus ou moins complexes couvrant le conflit, de Pearl Harbor en 41 à la progression vers le Japon en 45 (Philippines, Solomon Islands, Midway etc). Une campagne est dédiée à l’escadrille VMF-214 des « Têtes Brûlées » qui se singularise par la gestion de son commandant Pappy Boyington, un vrai électron libre bagarreur, alcoolo et indiscipliné qui va influer sur le déroulé de la campagne.
Deux options permettent de jouer les campagnes depuis un porte-avion ou depuis une base insulaire, qu’on fera évoluer en construisant des équipements (un petit côté jeu vidéo sympa). Chaque construction octroie des bonus.

En conclusion, un excellent jeu en solitaire qui donne envie de découvrir d’autres jeux de la gamme DVG. Par ailleurs, ayant déjà mis en place une partie multi-joueurs sur un autre jeu solitaire (B17 Queen of the Skies), je suis en train de réfléchir à comment monter une campagne (via Facebook) avec une poignée de joueurs pour mener de la campagne à plusieurs joueurs, chacun gérant son escadrille mais partageant la campagne et les objectifs, ça pourrait être très sympa. A creuser !!

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.