10 jours, 10 JDR

On continue le challenge.

3ème jour. Sans grande surprise, pour ceux qui suivent ce blog, mon 3ème choix se porte naturellement sur l’autre grand Jeu de Rôle le plus joué. J’ai nommé l’Appel de Cthulhu. Ce jeu fut un vrai choc lorsque l’un de mes camarades se procura la boite de base. Le contenu me laissa une durable impression, presque de malaise. Là encore, ma mère me fit une photocopie (que j’ai toujours et que l’on distingue au fonds sur la photo) des règles et du guide des années 20. Ce n’est que ces dernières années que je me suis de nouveau rattrapé en achetant la boite d’occase. Je ne connaissais pas Lovecraft à cette époque. Aucun d’entre nous d’ailleurs et notre seul vecteur d’information JDR d’alors était le magazine Casus Belli et les boutiques. Dans le manuel, la carte de Nouvelle Angleterre avec les villes fictives d’Arkham et Innsmouth, les Grands Anciens, les Profonds, la description de la partie décrite dans les règles (« Tirons le rideau sur cette triste scène » lol) promettaient un jeu sombre à l’ambiance lourde. Pierre se lança dans la maitrise du jeu avec un scénario maison où les personnages héritaient d’un Zeppelin (merci le fascicule, très inspirant !) qui s’avéra bourré de zombies. Nous n’avons jamais fini cette aventure mais elle nous fit survoler l’Europe, nous éclater avec des personnages surarmés et devenir quasi-fous face à Cthulhu ou un de ses rejetons… Plus tard je masterisais pour ma part la campagne « Les Fungis de Yuggoth », malheureusement jamais terminée non plus mais ce jeu contribua grandement à améliorer notre façon de jouer. Surtout la découverte du système Chaosium, sans niveaux et avec des compétences scorées en pourcentage nous conquit immédiatement. Encore aujourd’hui ce système reste notre favori sans doute. L’Appel de Cthulhu m’amena à lire Lovecraft et à détroner Moorcock dans ma bibliothèque. Lorsqu’étudiant j’eus la possibilité de choisir une université à l’étranger, je choisis les USA et l’université située en Nouvelle-Angleterre (University of New Hampshire) pour découvrir les terres Lovecraftiennes. J’effectuai alors mon pélerinage à Providence.30 ans plus tard, nous jouons toujours à l’Appel de Cthulhu et il reste notre jeu préféré à tous.

32542306_2087849904833572_2733178485500542976_n

Publicités

10 jours, 10 JDR qui ont marqué

Bon, comme sur Facebook, je poste le contenu de ce challenge quand j’ai le temps.

Pour rappel ce challenge consiste à poster une photo d’un JDR qui vous a marqué et d’expliquer pourquoi. Accessoirement ça me permet de rendre ce blog un peu plus actif en attendant de poster des contenus plus intéressants (pas grand chose à raconter dernièrement car le Chateau Ravenloft avance (j’ai fini le Rez de Chaussée) mais je ne peux rien poster pour ne pas spoiler mes joueurs s’ils passent par ici.

Donc, pas de grosses surprises à attendre concernant mes 10 JDR. Le second reste dans la lignée du premier et forcément l’autre JDR qui a marqué mes jeunes années est… AD&D !

Retour dans les années 80 au collège… Vers 1985 / 1986, un gars au collège dans une des classes supérieures a eu vent que nous jouions depuis peu à D&D. Il nous parla alors des règles avancées, plus complètes et variées et nous proposa de tester. Je ne sais plus trop comment cela s’est passé mais nous sommes passés à AD&D et avons complètement laissé tombé D&D. Ayant découvert le Player’s Handbook, le Dungeon Master Guide puis le Monster Manual, nos possibilités ludiques se retrouvaient d’un coup considérablement enrichies : Les nains, elfes et tinigens devenaient dwarves, elves et halflings et pouvaient se voir attribuer des classes. De nouvelles classes étaient accessibles et une pléthore de sorts, d’objets magiques et de monstres se présentaient à nous… Mais il y avait un « petit » écueil. Tout ça était en anglais ! Comme beaucoup de joueurs en France à cette époque, AD&D nous obligea à redoubler d’efforts dans l’apprentissage de la langue anglaise et eut au moins ce mérite. Nous avions 14 ans…. Déchiffrer les guides était notre challenge si nous voulions jouer… Evidemment, erreurs, incompréhensions, mauvaises interprétations furent notre lot commun et les règles le sujet de nombres de discussions animées. Cela dura un temps. Fort heureusement, les manuels furent traduits en français l’année suivante en 86/87 (et je les achetais cette fois). Nous avons pas mal joué à AD&D, notre meilleure période de jeu ayant été celle de la campagne Dragonlance que nous avons joué jusqu’au milieu du 4e module. Nous achetions alors de plus en plus de figurines, selon nos maigres moyens et tentions de les peindre du mieux que nous pouvions. Avec le recul, le principal regret est que nous n’avons pas su structurer notre jeu et n’avons pas joué dans un setting clairement défini. Un peu de Royaumes Oubliés lorsque parut la 2nde édition mais avant cela rien : une succession de scénarios commerciaux, souvent inachevés, et sans liens entre eux. Pas de mode campagne donc, ce qui est pourtant le fondement d’AD&D. Nous sommes passés à côté de Greyhawk (mais je pense que nous n’aurions rien su en faire) et nous n’avons pas su créer notre univers. Nous découvrions en outre rapidement d’autres JDR ce qui nous amena à nous disperser, pour le pire ou le meilleur.

Concernant AD&D, je dois tout de même mentionner que cette « sainte trilogie » des trois guides de jeu me marqua considérablement sur un autre point : Les guides étaient superbement illustrés avec les couvertures de Jeff Easley. Je fus particulièrement sensible à l’Art Fantasy et devins un admirateur des 4 cavaliers de TSR : Jeff Easley, Larry Elmore, Keith Parkinson et Clyde Caldwell. 20 à 25 ans plus tard, j’eus la chance d’acquérir des originaux de ces artistes et même d’aller chez Larry Elmore prendre des cours de peinture… Des rêves de gamin qui deviennent réalité.

32464509_2087370304881532_6897481760980860928_n

10 jours, 10 JDR qui ont marqué

Il y a de cela quelques jours, j’ai vu passer sur Facebook quelques challenges à la con qu’on s’amuse ponctuellement à faire pour égayer nos murs… Après les 10 albums qui vous ont marqué est apparu dans le petit milieu rôliste les 10 jeux qui vous ont marqué. Une bonne occasion de faire une série de posts sur ce sujet, puisque mon blog après tout est très orienté Oldschool.

Rôliste depuis les années 80, regardons dans le rétroviseur sur mon passé de joueur. Je ne promets pas de grandes surprises ni originalités car au final vous verrez que globalement j’ai joué à des grands classiques essentiellement. Et c’est l’occasion de sortir de la bibliothèque les exemplaires possédés depuis des années ou acquis en rattrapage ces 5 dernières années pour la collectionnite et la madeleinite proustienne.

à tout seigneur, tout honneur, le 1er jeu sera sans surprise aucune ce bon vieux D&D.

En 1984, un de mes amis me fit connaître un nouveau jeu, supposé être similaire à ces livres qui faisaient alors fureur : les premiers « livres dont vous êtes le héros ». Nous venions de découvrir le Sorcier de la Montagne de Feu et les quelques ouvrages  qui avaient suivi dans la collection Folio Junior. Ce jeu, auquel jouait quelques-un de ses camarades en 6e (nous étions en 5e), était similaire, mais se jouait à plusieurs autour d’une table. Intrigué, j’allais avec lui participer à une partie chez ce groupe un après midi et j’arrivais au beau milieu d’une partie, avec des dés spéciaux, un personnage (de mémoire un hobbit voleur) un tableau velleda où le meneur de jeu dessinait des plans et quelques figurines en métal. Je me souviens d’un joyeux bordel, d’une partie très animée et d’un combat contre deux panthères noires. Le scénario joué était  celui de Rahasia. Je retournais ensuite jouer 2 parties avec ce groupe mais j’étais contaminé. Le jeu était génial. Je décidais alors de me procurer un exemplaire des règles et coup de chance, ma mère qui était membre de France Loisirs trouva une boite un peu abimée et donc soldée pour 40 FF (au lieu de 120 FF je crois). L’aubaine ! Je me plongeais alors dans la lecture et après les vacances d’été, j’étais prêt à faire jouer ma bande de potes et constituer mon propre groupe de joueurs. Je dessinais deux plans sur du papier millimétré en m’inspirant des livres dont vous êtes le héros et du contenu des règles et hop, je lançai les parties le mercredi après-midi chez un copain… Nous avons joué quelques sessions avec une poignée de scénarios faits maison par mes soins et le scénario de la boite : le B2 Le Chateau Fort aux Confins du Pays. Ce jeu permît le début d’une longue amitié avec le groupe et 30 ans plus tard nous sommes toujours là, même si il y eu une longue pause d’une quinzaine d’années imposée par les choses de la vie… Nous sommes retournés explorer les Confins du Pays il y a 5 ans lorsque j’ai relancé le groupe.

Avec le recul, ce jeu eut une influence considérable sur ma vie à de nombreux niveaux. Outre les amitiés nouées, il m’ouvrit à la lecture, à l’intérêt pour l’Histoire, et permit de m »affirmer (un peu) en tant que conteur (pas évident quand on est timide).

Je vendis ma boite de D&D lorsque j’étais au lycée à l’occasion d’une brocante, convaincu que je n’en avais plus besoin. Quelle erreur ! Heureusement, je réussis à retrouver un lot de boites il y a 5 ans sur leboncoin.fr à un prix ridicule. Complète avec le scénario et les dés, la boîte étant juste un peu décolorée par le soleil mais sinon en tous points identiques à la mienne… Comme vous le voyez ci-dessous, j’ai tout conservé par ailleurs : mes plans et mes descriptifs sur petites pages de classeur de collégien de 1984, avec une figurine de l’époque (repeinte depuis)…

32503777_2086893431595886_8080714344444198912_n

 

D&D original « Collector’s Edition »

Les lecteurs de ce blog n’ignorent sans doute pas que je suis un collectionneur.
J’ai reçu il y a quelques mois le dernier fascicule qui manquait à ma collection D&D édition originale, à savoir le supplément Swords & Spells, qui traite essentiellement de règles de combat de masse (le précurseur du Battle System de TSR en quelque sorte).

Je possède donc la boite dite « White Box of Original Dungeons & Dragons », la boite dite Woodgrain (l’édition originale, dont le premier tirage ne fut dispo qu’à 1000 exemplaires) étant un graal inatteignable sans débourser plusieurs milliers d’euros (ce qui ne fait pas partie de mes intentions :). La boîte en elle-même n’est pas en bon état (comprendre « très abimée), elle a dû souffrir de tâches d’eau, les coins ont cédé à force de manipulations mais les livrets intérieurs sont comme neufs (et portent encore le nom du propriétaire d’origine). J’ai pu acquérir cette boite il y a environ 2 ans pour un prix avoisinant de mémoire les 100 ou 125 USD. Aujourd’hui il est difficile de la trouver à moins de 250 USD, même en (très) mauvais état, les prix voisinant plutôt les 400/500USD.

Les autres suppléments sont des tirages allant de 3rd à 7th ou 8th printing et ne sont pas à proprement parler des raretés. Leur état est également assez variable (parfois soulignés, stabylotés ou coloriés). Tous les suppléments se trouvent sur ebay à un tarif variant entre 25 et 75 USD selon l’état et la rareté. Personnellement je n’ai jamais mis plus de 30 ou 40 USD dans chacun d’entre eux, je me satisfais du jus dans lequel ils sont, ne cherchant pas une copie parfait ou une première édition. Certains sont plus recherchés que d’autres, notamment dans les premiers tirages, du fait de mentions copyrightées issues du vocable Tolkienien (hobbits, ents etc…) qui furent amendées par la suite  (halflings, treants…)..

J’adore ce petit format, qui tient dans une petite boite. Les textes sont écrits à la machine à écrire, la mise en page est minimaliste et les illustrations d’une qualité extrêmement pauvre qui fleure bon l’amateurisme. Feuilleter ces fascicules, c’est ouvrir une capsule temporelle et imaginer Gygax & Arneson travaillant à la publication de la première mouture du jeu, testant dans leurs caves enfumées et se faisant surprendre par le succès inattendu de leur jeu. Bref, c’est revenir aux sources originelles de notre loisir favori, le Jeu de Rôle.

23559626_1998568740428356_4110810214608312091_n